Crédits

Abiel

Biniam

Daniel

Hodan

Heaven

Kisanet

Leven

Mehran

Meilat

Omid

Rozar

Sabqat

Santa

Solyana

Taki

et

Adeline

Charles-Elie

Gabriel

Jessica

Valentin

Synopsis

“Super Super” est un docu-fiction réalisé en collaboration avec des adolescent·e·s. Il suit les codes des films de superhéros, à ceci près que nous sommes en Suisse, à la campagne et sans effets spéciaux. A travers leur personnage de héros, les jeunes décortiquent face à la caméra leurs rêves de grandeur et de pouvoir, tout en mesurant avec justesse les limites de la fiction.

Intentions de la réalisation

La proposition de film est la suivante: d’un côté, réaliser un film de fiction qui utilise les codes du film de super héros, et de l’autre, problématiser cette fiction dans un documentaire qui déconstruit les structures classiques du cinéma hollywoodien. Dans la fiction, les ados sont réalisateur·trices et créent un monde qui leur est propre, illes interprètent le personnage qu’illes ont imaginé et dirigent les autres protagonistes de la scène. Dans le documentaire, illes développent un regard réflexif sur les questions de pouvoir, et les idéologies véhiculées dans les films de superhéros. Illes racontent les dessous du tournage et leur implication, on les voit aussi être eux-mêmes « au naturel » à performer leur rôle d’adolescents en groupe. La confrontation apparaît alors entre les personnages “extraordinaires” que les ados interprètent dans la fiction et la personnalité “ordinaire”, attachante et singulière qui crée leur individu de tous les jours.

Le film propose trois types d’images, les images de fiction tournées avec une caméra professionnelle de cinéma (RED EPIC); les images documentaires tournées avec un appareil photo (Sony A73); les images tournées avec leurs smartphones nous entraînent dans les coulisses du film.

La structure de la fiction est inspirée par les 26 étapes proposées par John Truby dans son livre L’anatomie du scénario. Chaque étape du scénario (découverte du pouvoir, passé qui hante le héro, rencontre avec l’adversaire, aide de l’allié·e, etc), constitue une scène qui est attribuée à un·e ado et son personnage, son super héros. Le film suit la structure d’un film hollywoodien mais au lieu de suivre un héros tout le long du film, c’est un nouveau héros qui incarne chaque étape du scénario. La trame narrative de la fiction se concentre sur la perte du super pouvoir, et la quête qui s’ensuit pour le retrouver. Cette proposition répond à la fois à un besoin technique d’éviter la réalisation d’effets spéciaux impossibles à s’offrir, et aussi de se concentrer sur le sujet qui nous intéresse le plus, à savoir les questions de pouvoir.

Qu’est-ce que cela signifie d’avoir un super pouvoir? Comment l’utilisons-nous? Qui sommes-nous quand on le perd? Quelles sont les motivations à le retrouver et à quel prix? Qu’apprenons-nous de nous-même lors de la perte d’un tel privilège?

Autant de questions posées dans les interviews documentaires, qui permettent de saisir l’avis des ados sur ces sujets, ainsi que les détails de la vie et les préoccupations des héros en dehors des scènes de fiction. Les images «smartphone» viennent, quant à elles, rythmer leurs propos et nous plongent cette «adolescence» qui se déploie surtout dans les interactions qu’illes enretiennent les unes avec les autres.

Toute cette emulsion, cette energie, cette creativité est l’objet et la puissance du film super super.